Ahmôsis I

Ahmôsis Ier, Iâhmes Ier ou encore Amosis), dont le nom signifie « Né de Iâh », un dieu lunaire, fut le fondateur de la XVIIIe dynastie, inaugurant ainsi la brillante période appelée Nouvel Empire. Il fut roi à Thèbes de -1550/49 à -1540, puis, après l’expulsion des Hyksôs, maître du Double Pays jusqu’à sa mort en -1525/24.
Il était le fils d'Ahhotep, « épouse royale et sœur de roi, fille de roi et mère du Prince (ity) ». Son lien avec Kamosé, son prédécesseur, n'est pas établi avec certitude, mais la majorité des historiens considèrent qu’il s’agit de son frère. Il serait par conséquent le fils de Séqénenrê Taâ II. Il eut comme « grande épouse royale » sa sœur Ahmès-Néfertary, qui fut la première reine à assumer la fonction sacerdotale d'« épouse du dieu ». Des deux fils qu'on lui connaît, le cadet, frère et époux de Mérytamon, lui succèdera sous le nom d’Amenhotep Ier.
Le pharaon noir Ahmosis, est avec sa femme Ahmès Néfertari le vainqueur des envahisseurs Hyksos et le cofondateur de la XVIIIe dynastie.
Il est très jeune associé au trône, avec sa mère (Ahhotep I). On lui doit la création du nouvel empire, et l'élargissement des frontières de l'Egypte suite aux invasions barbares (hyksos). A la tête de sa grande armée, il reprendra les villes d'Héliopolis et de Silé. On retiendra surtout son nom pour le long siège qu'il fit sur la ville d'Avaris (capitale des hyksos) repoussant alors les hyksos jusqu'en Canaan. Il assiégera aussi et pendant trois ans la ville de Sharouhen (Palestine) afin de mettre définitivement fin à la menace hyksos. Cette période reste aussi propice à la consolidation des relations Egypto-nubiennes, en effet les nubiens investi par le Dieu Amon trouvaient qu'il était normal et évident de libérer la terre d'Egypte de ses envahisseurs hyksos.
Dans le pays, il réorganise les structures administratives, remplaçant les monarques par des hommes qui lui sont dévoués, il favorise le culte d'Amon, ré-ouvre les routes commerciales avec Byblos et fait de Thèbes sa capitale. Il favorise l'exploitation des matières telles que l'albâtre, le calcaire et la turquoise.
Manéthon, dans la version transmise par Flavius Josèphe, l'appelle Amos ou Amosis et lui attribue vingt-cinq années de règne.
Son fils Aménhotep Ier hérite d'un pays libre et en paix. La momie du pharaon Ahmosis fut découverte à Deir el Bahari mais c'est à Abydos qu'il avait fait construire son tombeau funéraire.
On situe son règne aux alentours de -1550/-1549 à -1525/-1524.
Généalogie
Naissance: date inconnue Décès: -1525/24
Grand-père Sénakhtenrê Taâ Ier
Grand-mère Tétishéri
Père: Séqénenrê Taâ II
Mère Ahhotep Ire
Fratrie Kamosé, Ahmès-Néfertary
Première épouse Ahmès-Néfertary Enfant(s) Ahmès Sapaïr, Ahmosé-Ânkh, Amenhotep Ier, Mérytamon
Deuxième épouse Satkamès
Règne
Période Nouvel Empire
Dynastie XVIIIe dynastie
Fonction Pharaon
Prédécesseur Kamosé
Prise du pouvoir Mort naturelle du précédent
Dates de règne:
-1570 à -1546 (selon E. F. Wente)
-1569 à -1545 (selon D. B. Redford)
-1554 à -1529 (selon R. A. Parker)
-1552 à -1527 (selon E. Hornung)
-1552 à -1526 (selon N. Grimal)
-1550/-1549 à -1525/-1524 (selon D. Arnold, A. D. Dodson, K. A. Kitchen, N. Reeves, I. Shaw, J. von Beckerath)
-1540 à -1525 (selon J. Málek)
-1540 à -1515 (selon C. Aldred)
-1539 à -1514 (selon R. Krauss)
-1530 à -1504 (selon H. W. Helck)
Durée du règne 25 ans (d'après Manéthon)
Successeur Amenhotep Ier
Sa vie
Pendant la minorité du roi, qui était monté tout jeune sur le trône, la reine-mère Ahhotep semblait avoir joué un rôle de premier plan , « elle qui sait tout [litt. qui connaît les choses], qui lie l’Égypte, (…) qui apaise la Haute-Égypte et chasse ceux qui s’opposent à elle ».
Dans la seconde moitié de son règne, Ahmôsis reprit l’œuvre de libération du pays commencée par ses deux prédécesseurs. Il conquit d'abord Memphis, puis Héliopolis et Tjarou, et, vers l’an 18 du règne, mit le siège devant Avaris, la capitale des Hyksôs. Après la chute de la ville, il assiégea Sharouhen, qu’il prit au bout de trois ans, éradiquant le principal bastion ennemi en Palestine.
Après la prise de Sharouhen, il guerroya en Nubie, au-delà de la 2e cataracte, où il soumit les Iountyou Sétyou (litt. les archers nubiens). Le pays fut placé sous l’autorité d’un vice-roi, le « fils royal de Koush » Djéhouty.
Après son retour de Nubie, le roi dut faire face à la rébellion d'un « méprisable ennemi, Téti-ân était son nom. Il avait réuni autour de lui les sournois. Sa Majesté le tua et sa bande était comme si elle n’avait jamais existé ».
Ayant enfin « saisi l’héritage de celui qui l’a engendré », il dota richement le temple d’Amon à Karnak. Par ailleurs, il remplaça les nomarques par des hommes de confiance, rouvrit les mines de turquoise de même que les carrières de calcaire et d’albâtre, et rétablit les échanges commerciaux avec Byblos.
À l'issue d'un règne de vingt-cinq ans, il laissa à son fils Amenhotep Ier un pays prospère et unifié ayant retrouvé les frontières qui étaient les siennes à la fin du Moyen Empire.
Sépulture
Longtemps après sa mort, Ahmôsis continue à faire l'objet d'un culte fervent. Bien que la momie du pharaon ait été retrouvée à Dra Abou el-Naga, c'est dans son cénotaphe d'Abydos -la ville d'Osiris-, que ses adorateurs entretiennent son culte funéraire. Les restes d’un temple funéraire et d'une pyramide découverts à Abydos furent identifiés en 1902 comme étant les siens notamment par la découverte sur le site d'un poignard au nom du roi conservé depuis au Royal Ontario Museum au Canada.
Le site fut fouillé de nouveau en 1993 dans le cadre de la Pennsylvania - Yale - New York University Expedition sous la direction de Stephen Harvey.
La momie d'Ahmôsis, longtemps conservée au musée du Caire, est actuellement exposée au musée de Louxor dans une salle spécialement dédiée aux fondateurs des XVIIIe et XIXe dynasties. Elle a été retrouvée en 1881 par Gaston Maspero dans la « cachette royale » de Deir el-Bahari (tombe DB 320), dans laquelle les prêtres-rois de la XXIe dynastie l’avaient mise à l’abri des pillards, en compagnie notamment de plusieurs de ses illustres descendants. Elle révéla qu’il avait entre trente-cinq et quarante ans à sa mort.
Dépouillé de ses ornemements, comme la plupart des momies royales découvertes alors, Ahmôsis laissa cependant de très nombreux "témoignages" dans les tombes de ses parents qui permettent d'imaginer aisément avec quel faste il fut enseveli. On citera notamment les éléments d'un bracelet composé d'un cartouche en or massif encadré de deux lions couchés miniatures qui ornaient la momie de son frère et prédécesseur Kamosé. Signe des temps, on retrouva également des armes et des bijoux à son nom dans la tombe de sa mère Iâhhotep à Dra Abou El-Naggah.
Enfin il convient de mentionner une aiguillère en or massif ayant probablement appartenu à son mobilier funéraire et qui a été retrouvée à Tanis dans la tombe de Psousennès Ier, cadeau probable des grands prêtres d'Amon au souverain tanite, ceux-là même qui mirent à l'abri des pillages la dépouille momifiée du fondateur de la glorieuse XVIIIe dynastie.