L'Époque Ptolémaïque
L'Époque Ptolémaïque s'étend approximativement de ~332 av J.C. à ~30 av J.C.
Lorsque Alexandre arriva, il fut reçu comme un libérateur. Son habileté le fit apprécier; son voyage à l’oasis d’Amon parut un gage du respect qu’il manifestait pour les dieux nationaux. En réalité, les Égyptiens avaient accepté un nouveau maître. À sa mort, successivement Philippe Arrhidée puis Ptolémée Ier Sôter furent intronisés pharaons. Mais l’Égypte ne menait plus son jeu seule. Elle devenait un moyen d’action entre les mains des diadoques, même si aucun ne devait reconstituer l’empire d’Alexandre. Elle eut encore au Saïd des pharaons indigènes en révolte, Harmakhis, Anchmakhis, Harsièsis, qui ne furent que des espoirs et que des noms. D’Alexandrie, moins égyptienne qu’accrochée au flanc de l’Égypte, Alexandria ad Aegyptum comme disaient les Romains, des Grecs dirigeaient selon leur politique grecque un pays tantôt hostile, tantôt indifférent. Et quand Cléopâtre VII se tua, en 30 avant J.-C., l’Égypte devint une province de l’Empire romain et n’eut plus même d’histoire propre, sauf celle de ses révoltes sans résultat.
Pourtant ces deux dates, 333 et 30, qui marquent la fin de l’Égypte nationale, puis la fin de l’Égypte ptolémaïque, ne sont pas celles du terme de la civilisation égyptienne. Elle continua à vivre jusqu’à ce que le christianisme l’eût supplantée en s’appuyant sur ce qu’elle avait de meilleur. La vieille Égypte recopiait encore au IIe siècle des sagesses admirables et continuait sûrement à exercer sur la pensée hellénistique et romaine une influence qui explique en partie l’engouement dont elle était l’objet. Philon, l’un des plus fermes soutiens de la colonie juive au temps même du Christ, a dû jouer un rôle considérable au confluent du judaïsme, de la philosophie grecque et de la sagesse égyptienne.